North Sails LOFT NEWS

August 13, 2019

« UN VÉRITABLE MATCH-RACE »

Cammas et Caudrelier racontent leur course… et leur victoire !

📸 Paul Wyeth

Le maxi-trimaran Edmond de Rothschild (Gitana Team), skippé par Franck Cammas et Charles Caudrelier, est le premier bateau de la classe Ultim équipé de voiles North Sails à avoir franchi la ligne d’arrivée de la Rolex Fastnet Race 2019 à Plymouth dimanche 4 août. Il est suivi de très près par Macif, le maxi-trimaran de François Gabart (58 secondes d’écart). Sodebo Ultim 3 (Thomas Coville) et Actual Leader (Yves Le Blevec), également équipés de voiles North Sails, terminent respectivement 3e et 4e. En plus de décrocher la première place du podium, le multicoque Edmond de Rothschild s’offre un record de course de plus de 4 heures au passage du Fastnet rock.

Recruté depuis peu par le Gitana Team, Franck Cammas signe un très beau retour en classe Ultim avec cette victoire. Pour le skipper de 46 ans au palmarès impressionnant, il s’agit de son 3e Fastnet.  Quant à Charles Caudrelier, 44 ans, il compte quatre participations à son actif et remporte le trophée pour la 2e fois (VOR sur Dongfeng). Les deux hommes se connaissent de longue date et ont beaucoup navigué ensemble. Ils nous confient leurs impressions sur cette édition 2019.

📸 Paul Wyeth

Vous avez offert aux spectateurs un très beau match-race entre Macif et Edmond de Rothschild. Comment c’était vécu de l’intérieur ? Cela force à pousser ses limites ?

Franck Cammas : Oui, c’était un véritable match-race avec moins de 3,5 miles d’écart pendant toute la course ! Une régate à vue comme on peut le faire sur une Volvo Ocean Race ou en Figaro. C’était très excitant de pouvoir le faire avec ces grands multicoques très rapides. De plus, Macif étant une référence dans la classe Ultim, cela permet de trouver les bons settings et les bonnes configurations d’appendices. Vu de l’intérieur, l’équipage (Morgan Lagravière, Erwan Israël, David Boileau et Yann Riou) était donc très actif et concentré… On a poussé au maximum ! Je n’ai pas beaucoup dormi pour ma part !

Charles Caudrelier : Effectivement, on s’est vite retrouvé seul avec Macif dans notre option Nord, et dès la première soirée, on était au contact en permanence. À partir de là jusqu’à l’entrée dans la baie de Plymouth, c’était une course de vitesse avec quelques choix de voiles. Le duel a tourné rapidement au match-race. Pour nous, c’était très intéressant. On a pu découvrir de nouveaux réglages pour aller plus vite. Ça force à pousser plus fort, mais on n’a pas eu de fortes conditions et de gros risques à prendre. On a vu que Macif était plus manœuvrant et on ne pouvait pas trop jouer à ce jeu-là. On a juste essayé de se rapprocher un maximum de lui en vitesse et d’attendre une opportunité d’attaquer sur le dernier bord. Étant devant, il devait choisir le moment du dernier bord, et il s’est trompé.

📸 Paul Wyeth

Vous battez le record au Fastnet rock (28 heures et 2 minutes). Vous pensiez battre le record à l’arrivée à ce moment?

Franck Cammas : On pensait que le record était jouable au départ au vu des routages. Là, on le bat de 4 heures, bien plus que ce que nous espérions. Une bonne cerise sur le gâteau ! Et un clin d’œil à Loïc Peyron, l’ancien détenteur (32 heures et 48 minutes) qui m’avait pris de son côté le trophée Jules Verne !

Charles Caudrelier : C’est la météo qui décide si on va battre le record ou pas. Mais c’est toujours plaisant de battre un record.

Avec qui travaillez-vous à North et comment cela s’est matérialisé dans l’approche du Fastnet ?

 Franck Cammas : On travaille avec Gautier Sergent et Yann Andrillon de North Sails Vannes. Depuis le début du projet, on s’est concentré sur l’optimisation en détail de notre ancienne GV et la définition de nouvelles voiles pour améliorer nos performances dans le vent faible aussi pour recouvrir mieux le range des voiles.

Charles Caudrelier : Nous avons identifié des points faibles du bateau et on travaille tous ensemble sur les voiles avec comme objectif la Brest Atlantiques. Le Fastnet est la seule confrontation en course pour valider nos choix et nous avons eu de la chance de pouvoir valider le travail effectué et de nous conforter dans nos choix.

Franck Cammas et Charles Caudrelier 📸 Paul Wyeth

Est ce qu’il y a une voile en particulier qui ressort de cette régate et pourquoi ? Quelle était la plus utilisée (à part la GV) ?

Franck Cammas : On a beaucoup utilisé les voiles de petit temps finalement. En Ultim, on se cherche encore sur la surface et la triangulation des J0 (génois) et J1. Entre Macif et nous, ça s’est joué entre ces 2 voiles… À explorer encore !

Charles Caudrelier : C’est aussi intéressant de voir les J0 des autres bateaux et leur performance. Macif avait un nouveau J0 et de bonnes performances.

Combien de participations au Fastnet et comment cette édition 2019 se compare-t-elle aux précédentes ?

Franck Cammas : C’est mon 3e Fastnet (en Orma 60, Volvo 70 (Groupama 4) et celui-ci sur Ultim. En Volvo, c’était en préparation de la Volvo Ocean Race, une course qui fut serrée entre Groupama 4 et Abu Dhabi avec une arrivée très proche, mais nous terminions 2e ! Une belle bagarre aussi dans des conditions très variées. C’est souvent le cas lors du Fastnet.

Charles Caudrelier : Il s’agit de ma 4e participation. Mon premier à bord de Groupama 4 (avec Franck) qui était le premier test en course de notre Volvo 70. Un Fastnet dur avec du vent. Un double à bord de Gitana 15. Le 3e, c’était en préparation de la Volvo 65 avec Dongfeng où on finit premier quelques secondes devant les Espagnols de Mapfre. Je crois que l’écart était encore plus faible, un Fastnet avec peu de vent mais un gros combat entre sept VOR 65.

Quel est le programme pour vous en particulier maintenant et pour la classe Ultim ?

Franck Cammas : On va s’atteler à la préparation de la Brest Atlantiques, une course en double (avec Charles et moi-même) qui aura lieu en novembre et qui remplace en fait la Jacques Vabre pour cette classe. Et on continue à développer le bateau !

Charles Caudrelier: La Brest Atlantiques sera un grand test pour les Ultims volants : aucun Ultim volant n’a encore réussi à finir une longue course sans soucis techniques.