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« IL N’Y A RIEN QUI N’A PAS ÉTÉ PENSÉ POUR CE BATEAU »

CORUM L’Épargne, le nouvel IMOCA de Nicolas Troussel, a fait ses premiers bords sous voiles North pour rejoindre son port d’attache à Lorient.

© Yann Rioux / PolaRYSE

Après un an de chantier et la mise à l’eau à Port-la-Forêt (Finistère) la semaine dernière, CORUM L’Épargne, l’IMOCA flambant neuf de Nicolas Troussel, a fait ses premiers bords samedi sous voiles North Sails pour rejoindre son port d’attache à Lorient la Base (Morbihan). Le tout dernier foiler signé Juan Kouyoumdjian et construit par Mer Agitée de Michel Desjoyeaux sera équipé très prochainement de ses foils. Nicolas Troussel se réjouit d’entamer la phase de fiabilisation et la prise en main de sa nouvelle monture. Voici les premières impressions depuis la mise à l’eau.

Un bateau singulier aux couleurs harmonieuses

« La mise à l’eau de CORUM L’Épargne était à la fois un beau moment et un soulagement, car on avait très envie de passer à une nouvelle étape de notre campagne, de pouvoir enfin naviguer et tester les performances du bateau une fois les foils installés, exprime Nicolas Troussel, le double vainqueur de la Solitaire du Figaro (2006 et 2008) et l’un des 37 candidats à prendre part à la 9e édition du Vendée Globe. Le bateau est conforme à ce qu’on attendait en termes d’ergonomie de cockpit, de forme du pont et de manœuvre. »

« On est fier de ce bateau, ajoute Greg Evrard, directeur du projet CORUM L’Épargne. Il est singulier, ses couleurs sont belles et harmonieuses. Il n’y a pas grand-chose qui n’a pas été pensé dans sa conception. Nicolas s’est investi dans toutes les phases du projet, de la construction de la coque à la conception des voiles pour créer un bateau qui lui ressemble. Dès le départ, nous avons envisagé des partis pris forts pour respecter les choix de Nicolas.

« Cette mise à l’eau représente une belle page de notre projet qui se termine après un an de chantier, poursuit Greg Evrard. On va écrire plein d’autres pages maintenant. La prochaine étape essentielle est de passer le maximum de temps sur l’eau avec en priorité la fiabilité du bateau et la validation des choix techniques dont le jeu de voiles définitif d’ici fin juin. »

C’est aussi à cette date que Nicolas devra effectuer son parcours de qualification pour le Vendée Globe, un parcours de 2000 milles au large des côtes bretonnes validé par l’organisation de la course. S’en suivra une première épreuve sur l’eau au départ des Sables d’Olonne le 4 juillet prochain qui devrait réunir l’ensemble des coureurs inscrits au Vendée Globe.

© Matthieu Hacquebart / Corum L’Épargne

Une garde-robe 100 % North Sails

CORUM L’Épargne est le dernier IMOCA nouvelle génération à avoir été mis à l’eau, le huitième depuis le précédent Vendée Globe et le septième équipé d’une garde-robe complète North Sails. On citera du plus récent au plus ancien l’Occitane en Provence d’Armel Tripon, Arkea-Paprec de Sébastien Simon, Linkedout (Advens) de Thomas Ruyant, DMG Mori de Kojiro Shiraishi, Apivia de Charlie Dalin et Charal de Jérémie Beyou.

À cinq mois et demi du départ du Vendée Globe, rien ne devra donc être laissé au hasard pour Nicolas et son équipe afin d’optimiser ce temps précieux. C’est pourquoi dès la création du projet, l’équipe a intégré une contrainte de temps forte dans l’objectif de renforcer sa capacité d’adaptation et son agilité. « En ce qui concerne les voiles, c’est un véritable travail de préparation en amont qui a été fait dans les phases initiales avec des choix forts assumés, précise Greg Evrard. On a anticipé la partie voile en tenant compte de cette contrainte de temps. Ce premier jeu de voiles va nous permettre d’appréhender les étapes suivantes avec sérénité. »

La forme des voiles, un paramètre crucial pour l’équilibre du bateau

Nicolas Troussel s’est activement impliqué avec Nicolas Lunven, chef de projet voile et performance bateau pour CORUM L’Épargne dans la conception des voiles. Les premiers échanges avec Quentin Ponroy et Gautier Sergent de North Sails ont débuté il y a un an. « Le design des voiles est un sujet qui m’intéresse et fait partie intégrante de la performance ainsi que des sensations du bateau quand on navigue, indique Nicolas Troussel. Même si le bateau était encore en construction, on se basait sur nos expériences et les outils mis en place par les architectes. On essayait ainsi de se projeter et de s’imaginer sur le bateau pour aboutir à un inventaire de voiles qui remplit toutes les conditions de navigation. Il fallait qu’il soit aussi en phase avec mon mode de navigation et le programme du Vendée Globe. Tous les choix ont été orientés dans ce sens. »

« Avec l’apparition des foils qui font accélérer le bateau, la forme des voiles est devenue un paramètre encore plus important qu’avant pour l’équilibre du bateau, souligne Nicolas Troussel. Pour l’instant, les premières impressions sont conformes au cahier des charges. La triangulation aussi bien que la forme des voiles sont satisfaisantes. Il faudra confirmer nos premiers choix avec de nombreuses sessions sur l’eau pour parfaire le réglage des voiles et par conséquent l’équilibre du bateau. Et cette phase de sélection reste délicate même si le jeu de voiles se limite à 8 (tourmentin inclus) et elle l’est d’autant plus pour les voiles de portant qui nécessitent une réflexion plus complexe, explique Nicolas Troussel. En effet, les compromis sont nombreux. Ce sont parfois des petits détails, mais 10, 20 ou 30 m2 de différence entre les voiles peuvent changer la donne. C’est sur l’eau qu’on validera définitivement notre sélection. On aura encore la possibilité d’ajuster, mais sans envisager de modifications majeures. »

© Yann Rioux / PolaRYSE

« Dans l’approche de la conception des voiles pour CORUM L’Épargne, l’objectif n’était pas de créer des voiles radicales qui impliquent un long développement sur l’eau, confirme Quentin Ponroy, dessinateur chez North Sails. Il fallait fixer un cadre pour dessiner un premier jeu de voile efficace basé sur notre expertise et savoir-faire. »

Sérénité, fiabilité et performance

Pour l’instant, Nicolas se sent plutôt serein et est impatient d’en découdre sur l’eau. « Je n’ai pas d’appréhension, le stress montera bien assez tôt, et c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Je suis entouré par une équipe très compétente et de qualité, c’est rassurant pour la préparation au Vendée Globe. J’ai hâte d’essayer le bateau muni de ses foils et sentir son comportement, car l’année dernière, j’ai navigué sur un bateau à dérive, l’IMOCA de Jean Le Cam. Les sensations sont forcément différentes.

« Lors de mes sessions d’entraînement avec Jean Le Cam, nous avons beaucoup échangé sur le réglage des voiles. Il venait d’acquérir un jeu de voiles conçu également par North Sails, ce qui m’a permis d’explorer différentes configurations, la prise de ris, la manière de mener les voiles en solitaire et sur les particularités de navigation lors d’un Vendée Globe. Nous avons également porté notre attention sur les petits détails qui font que ça peut vite déraper si on ne se montre pas vigilant. C’était un apprentissage enrichissant. »

Les prochains jours vont être dédiés aux tests de structure, de systèmes et de jauge. Puis Nicolas entamera la phase performance et technique aux côtés d’experts, Nicolas Lunven pour la performance voile et bateau, et Sebastien Josse et Thomas Rouxel pour l’entraînement technique et sportif. «Le temps sur l’eau est la clé dans cette préparation au Vendée Globet », conclut Greg Evrard.

À ce jour, le départ du Vendée Globe reste toujours prévu le 8 novembre prochain et les deux tiers de la flotte engagée dans cette course en solitaire autour du monde et sans assistance sont équipés de voiles North Sails.