North Sails NEWS

LA VENDÉE-ARCTIQUE VERS UN OBJECTIF COMMUN: LE VENDÉE GLOBE

20 concurrents dont les 3/4 équipés North s’aligneront ce samedi 4 juillet au départ de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, course au large inédite.

© Jeremie Lecaudey – Port La Forêt

Il fallait se réinventer pour aborder la course au large autrement expliquent les organisateurs de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Cette toute nouvelle compétition – qui part ce samedi 4 juillet des Sables d’Olonne et qui réunit une flotte de 20 bateaux – est née du contexte particulier de la crise sanitaire pour pallier l’annulation de deux courses majeures du calendrier 2020 de la classe IMOCA : The Transat et la New York-Vendée, des étapes essentielles pour les navigants dans leur préparation au Vendée Globe prévu le 8 novembre. Une épreuve hauturière en solitaire s’avérait donc indispensable pour les IMOCA après cette période de confinement imposée par les autorités et avant le grand tour du monde, indique le comité de direction.

La Vendée-Arctique sera donc l’unique occasion pour les skippers inscrits de se mesurer dans des conditions proches du Vendée Globe, celui qu’on nomme « l’Everest des mers ». Elle constitue également une épreuve qualificative pour certains marins afin de décrocher leur ticket en novembre prochain. Longue de 3 566 milles (6 600 km), elle mènera la flotte IMOCA sur une grande boucle Atlantique en passant à l’ouest de l’Islande, près du cercle polaire arctique, et jusqu’aux Açores pour finir en Vendée. Un parcours atypique, ambitieux et exigeant où les skippers s’affronteront dans des conditions inhabituelles et délicates de cette partie du monde, notamment dans la phase d’ouverture : vents contraires forts, mers agitées au large de Rockall, navigation commerciale importante, présence de cétacés, froid…

Nouvelle course, nouveau défi

Cette toute première édition réunit un plateau riche composé de 20 skippers* dont 4 femmes et 16 hommes représentant six nationalités différentes. Pour ces équipes en lice, relever le défi et être dans les starting-blocks n’était pas une mince affaire. La crise sanitaire a fortement perturbé et ralenti leur planning de préparation au Vendée Globe. Après le confinement, il a fallu donc se réinventer et reprogrammer un calendrier déjà bien serré.

« Tout était minuté de l’arrivée de la Transat Jacques Vabre fin 2019 au départ du Vendée Globe fin 2020 et il a fallu retravailler tout le calendrier, rapporte Jérémie Beyou (Charal) dans un communiqué de presse. Mentalement, tu te prépares dans un plan très précis et remettre cela en question, alors que tu t’es programmé, ce n’est pas simple. »

« Avant l’annonce officielle de la Vendée-Arctique, les équipes étaient en mode Vendée Globe, explique Thibaut Agaugue, responsable service chez North Sails France. Ensuite, il fallait se concentrer sur cette nouvelle course en un temps record. Nous avons beaucoup échangé avec eux pour les assister au mieux. »

Chaque équipe a par conséquent redoublé d’efforts pour se préparer dans les meilleures conditions possibles. « Le Covid-19 a ralenti notre préparation en vue de la saison, mais j’ai pu naviguer deux fois en solitaire pendant quatre jours puis huit jours, explique Kojiro Shiraishi, le skipper japonais de DMG-Mori Global One. J’aurais voulu faire plus de milles pour tester et éprouver le bateau. Et je n’ai pas eu le temps de tester les voiles au maximum de leur performance. La bonne chose, c’est qu’elles sont bien dessinées. »

© Thomas Deregnieaux

Depuis le déconfinement, Clarisse Crémer sur Banque Populaire X (voiles North) a programmé de nombreuses navigations au large et des sessions à la journée. « En un mois et demi, on a tout misé sur la navigation, explique-t-elle. Autrement, le bateau est quasiment en configuration Vendée Globe. De quoi tout tester. » Ce sera d’ailleurs le grand saut en IMOCA pour la jeune navigante engagée dans sa première épreuve hauturière en solitaire qu’elle aborde forcément avec quelques inquiétudes. « Oui, j’ai pas mal d’appréhensions car c’est une grande première pour moi d’être toute seule en course sur ce bateau. C’est bien de pouvoir vivre un parcours assez exigeant avant le Vendée, l’Islande c’est quand même loin et froid. Les conditions météo s’annoncent un peu rudes sur le début de parcours. On va vite être mis dans le bain.»

Même si la majorité des skippers appréhendent ce parcours inédit et complexe à négocier sur des machines extrêmement physiques, tous sont enthousiastes à l’idée d’en découdre enfin sur l’eau et de s’affronter dans des conditions réelles depuis le confinement. « J’ai hâte, confie Kojiro Shiraishi qui signe sa première grande course au large sur son nouvel IMOCA à foil DMG-Mori Global One (plan VPLP, voiles North) construit par Multiplast. Cela va être l’occasion de tester le bateau pour le Vendée Globe et d’aller dans des zones où il y a beaucoup de vent, du froid mais aussi des zones plus chaudes. C’est un bon entraînement avant le Vendée Globe. »

Cinq autres IMOCA dernière génération, dont quatre munis de voiles North Sails, disputeront également la Vendée Arctique : Apivia (Charlie Dalin), Charal (Jérémie Beyou), LinkedOut (Thomas Ruyant) et L’Occitane en Provence (Armel Tripon) qui malgré une importante avarie de son bordé tribord à la suite d’un choc avec un OFNI il y a 10 jours va pouvoir participer à sa première course au large.

Les organisateurs de la Vendée-Arctique ont mis en place un certain nombre de mesures strictes pour que la course puisse avoir lieu. Les skippers ont dû être confinés cinq jours avant le départ pour éviter tout contact avec l’extérieur. Ils ont profité de ce moment pour se reposer, vérifier minutieusement les équipements et les systèmes à bord ainsi que le matériel à embarquer, se concentrer sur la météo, anticiper des scénarios de pannes électroniques ou encore choisir l’inventaire de voiles, un véritable casse-tête parfois. « Quelles voiles choisir ? Ce sont des décisions difficiles à prendre », précise Kojiro Shiraishi. Autre mesure prise par le comité de course, les bateaux partent de leur port d’attache 24 heures avant le départ samedi au large des Sables d’Olonne. Il n’y aura pas de village ni d’accès aux pontons.

© Gauthier Lebec

Un terrain d’essai en mode régate

Les enjeux de la Vendée-Arctique sont nombreux et vont donc permettre aux candidats de valider des choix techniques pour le Vendée Globe en termes de performance et de fiabilisation. Pour les dessinateurs de North Sails comme l’indique Yann Andrillon, il s’agira de « les aider au mieux pour la mise en place et le réglage des nouvelles voiles qu’ils souhaitent tester lors de cette course. » Le parcours sur la Vendée-Arctique nécessitera des manœuvres délicates et des changements de voiles. Chaque skipper pourra peaufiner son mode de navigation et appréhender ses futurs choix pour le Vendée Globe.

« En termes de performance, je voudrais voir comment le bateau se comporte de manière générale et jusqu’où je peux le pousser, ajoute Kojiro Shiraishi, mais également voir comment les voiles vont être éprouvées pendant la course et s’il y a besoin de les changer. Les voiles sont le moteur du bateau, donc ce sont des éléments très importants. Et la dernière chose que je veux valider, c’est que n’étant plus très jeune, je veux pouvoir bien naviguer sans me faire mal, conclut-il. »

Pour Clarisse Crémer, l’objectif sera de maîtriser sa monture en toutes conditions. « J’espère être plus sereine sur le bateau et prouver ma capacité à gérer des conditions météo plus difficiles. »

Au-delà de l’enjeu sportif, plusieurs candidats auront également pour mission d’étudier la santé de l’océan Atlantique. Six d’entre eux déploieront pendant la course des bouées spécifiques qui recueilleront des données météorologiques et océanographiques et deux bateaux (Newrest-Art & Fenêtres de Fabrice Amadeo et SeaExplorer -Yacht Club de Monaco de Boris Herrmann) emporteront à bord des capteurs mesurant la salinité de l’océan, le taux de CO2, la température et les microplastiques dans l’eau.

Les premiers bateaux à se disputer le podium sont attendus aux alentours du 14 juillet. Tous les skippers s’efforceront de terminer le parcours et de faire en sorte que leur bateau revienne en un seul morceau. Et quelles que soient les ambitions et motivations derrière cette course, ils partagent tous le même but : le Vendée Globe.

© Pierre Bouras / TR Racing

*15 skippers sont équipés de voiles North Sails dont 10 avec un jeu complet et 5 avec un jeu partiel.