North Sails NEWS

OSEZ VOUS DÉFIER !

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes ce 8 mars dont la thématique porte sur la volonté de se défier (#ChooseToChallenge), North Sails met à l’honneur six navigantes. Ces femmes de génération et de parcours différents ont toutes un point commun : celui d’oser se challenger et se surpasser.

Elles s’appellent Isabelle, Justine, Dee, Élodie, Jeanne et Clarisse. La plus jeune a 25 ans et la plus âgée 48 ans. Elles ont chacune une histoire et un parcours professionnel différents dans la voile (Vendée Globe, Ocean Race, Figaro,…). Mais elles partagent toutes un point commun : celui d’oser se challenger et se surpasser dans un monde traditionnellement masculin.

La journée internationale des droits de la femme célèbre le chemin parcouru par les femmes dans toutes les sphères de la société, mais elle permet également de sensibiliser les consciences aux inégalités persistantes. Petit rappel : C’est en 1910 qu’une « Journée internationale des femmes » est proposée pour la première fois par la journaliste allemande Clara Zetkin lors de la conférence internationale des femmes socialistes alors en plein débat sur le vote des femmes. Une proposition acceptée à l’unanimité par 17 pays. Mais il faudra attendre la seconde moitié du 20e siècle pour inscrire officiellement cette date sur les calendriers quand, en 1977, l’ONU invite « tous les États à proclamer (…) un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale. » En France, cette date est institutionnalisée en 1982 sous le mandat de François Mitterrand avec la création du premier ministère des Droits des femmes.

L’accès à la voile professionnelle pour les femmes a fait son chemin dans l’hexagone. Elles sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui à faire carrière dans la voile et notamment dans la course au large. C’est d’ailleurs l’un des rares sports où elles concourent dans la même catégorie et sans distinction de genre. Elles se sont imposées dans ce milieu pas toujours facile à intégrer même s’il faut encore bousculer les mentalités dans une société qui considère que la place d’une femme n’est pas forcément de quitter homme, enfants et foyer pour le large.

Clarisse Crémer (française)

© Jean-Louis Carli/Alea

En l’espace de quelques années, Clarisse Crémer a su brillamment faire ses preuves dans le milieu de la course au large. La jeune femme de 31 ans, bizuth sur le Vendée Globe et benjamine de la flotte féminine, a commencé sa carrière il y a huit ans sur un projet de mini-transat et a poursuivi en Figaro. Ensuite, sollicitée par Banque populaire pour participer au Vendée Globe 2020-2021, elle s’est essayée à l’IMOCA pendant deux ans aux côtés d’Armel Le Cléac’h avant de prendre son envol et gagner ses galons sur la compétition la plus difficile au monde. Elle est la première femme de la flotte à boucler son tour sur ce 9e Vendée Globe.

« Être la première femme à terminer, c’est bien, car on est peu nombreuses et ça met en valeur les projets. Mais ça n’a jamais été mon premier objectif. Sur l’eau, il n’y a pas de différence entre le fait d’être une femme ou un homme (…). La course au large est un sport mixte. (…). En revanche, qu’il n’y ait eu aucune femme au départ du Vendée Globe 2016, c’est triste. Pour cette présente édition, 6 sur 33 est un bien meilleur chiffre. L’objectif n’est pas la parité en soi, mais qu’il y ait des femmes présentes dans ce genre de compétitions. Je ne pense pas qu’il faille me ressembler pour y arriver, mais je peux illustrer le fait que c’est possible en tant que femme, qu’on a le droit de rêver de ces projets-là. Je dirais que nous devons oser franchir le pas et s’inspirer de rôles modèles de femmes pour prendre les devants. »

Justine Mettraux (suisse)

© Amory Ross | 11th Hour Racing

À 34 ans, Justine Mettraux a déjà un très beau parcours derrière elle. Après ses débuts sur le lac Léman, elle s’oriente vers la course au large en s’inspirant d’Ellen MacArthur et s’engage pendant plus de 10 ans sur des courses mythiques telles que la Solitaire du Figaro, la Transat Jacques Vabre et la Volvo Ocean Race. En 2019, la jeune genevoise, domiciliée à Lorient en Bretagne, est élue navigatrice suisse de l’année. Aujourd’hui, Justine se lance sur le circuit IMOCA et participera à The Ocean Race Europe en mai prochain. Ambassadrice au sein du Magenta Project, un réseau sportif international de navigatrices professionnelles qui vise à promouvoir la pratique féminine de la voile à haut niveau, elle parraine également la régate Fifty Fifty Sail, dont l’objectif est de promouvoir la mixité dans le nautisme.

« J’essaie d’aborder les différents défis de manière la plus structurée possible et en essayant de donner le meilleur de moi-même à tous les niveaux ! Pour moi, cela passe surtout par une remise en question permanente, comment davantage progresser et que mettre en place pour y parvenir. Je pense qu’en France cela fait un moment maintenant que les hommes ont l’habitude de naviguer contre des femmes et avec elles, et c’est de plus en plus le cas actuellement. J’ai l’impression que c’est un peu moins intégré dans le monde anglo-saxon, mais les mentalités sont en train de changer. Et c’est une très bonne chose que l’Ocean Race ait ouvert la voie à ce niveau-là sur les circuits professionnels. Le 8 mars est une journée pour mettre en avant les droits des femmes, cela dit cette cause doit être intégrée quotidiennement. Il y a encore du travail pour pleinement atteindre l’équité et les droits acquis par les femmes sont toujours fragiles et souvent remis en question, ce qui me semble assez fou à notre époque ! »

Isabelle Josckhe (franco-allemande)

© Ronangladu.com

Isabelle Joschke découvre la voile après un stage aux Glénans en Bretagne. En parallèle à ses études de coach sportive et skipper, elle poursuit un cursus en lettres classiques à la Sorbonne à Paris. C’est sa passion pour le large qui l’emportera. Elle fait ses débuts dans la compétition en classe Mini, puis enchaîne en Figaro, Classe40 et depuis 2017 en IMOCA. Elle participe à son premier Vendée Globe en 2020. À la suite d’une avarie majeure de quille, elle est contrainte d’abandonner la compétition mais pas l’aventure! Elle finira son tour du monde hors course. Son coach Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe en 1992-1993, la comparera à la navigatrice anglaise Ellen MacArtur avec qui elle partage une détermination sans faille. Depuis de nombreuses années, Isabelle s’engage pour la mixité dans le sport et encourage les filles à se lancer dans la compétition.

« J’ai toujours eu le goût de l’aventure. Un défi pour moi, c’est une manière de me sentir vivante. Et ce que j’aime particulièrement, c’est me lancer dans un défi où il y a plein de choses à découvrir, quand je ne maîtrise pas tout. J’adore ouvrir des portes.
À mon avis, la femme n’est pas assez représentée dans le monde de la voile sportive. Les femmes ne se lancent pas assez dans la compétition en général. Dans la course au large, nous représentons entre 5 et 10 % des participants. Les raisons qui l’expliquent sont nombreuses et sont en lien avec notre éducation et notre société en général. Il faut que cela change. Mais, nous ne devons pas attendre que la société change pour prendre notre place dans la compétition. La force physique ne devrait pas être un frein à nos projets, car nous disposons de ressources énormes. Nous devons oser, oser lancer des défis et réaliser nos rêves. Croire en notre potentiel. À nous d’ouvrir les portes et montrer le chemin aux jeunes générations. »

Jeanne Grégoire (française)

© Alexis Courcoux

Jeanne Grégoire a fait carrière en tant que navigatrice pendant plus de vingt ans et s’est forgée un solide palmarès avant de devenir coach au Pôle Finistère course au large en Bretagne. Cette navigante, originaire de l’Aine, avait pourtant pour première vocation l’équitation. Tout comme Isabelle Joschke, ce sera un stage de voile aux Glénans qui lui communiquera la passion pour la voile et c’est une femme, Karen Leibovici (navigatrice française, 4e femme à boucler le Vendée Globe en 2005) qui lui fera découvrir la course au large. Jeanne régatera notamment pendant huit ans aux couleurs de Banque Populaire sur le circuit Figaro. Elle terminera 5e de la Solitaire du Figaro en 2008, la meilleure performance d’une Figariste femme à ce jour.

« Ce qui nourrit un défi, c’est l’envie, des convictions, la curiosité, mais aussi l’impression d’une évidence d’aller vers un but. J’aime que l’objectif à atteindre requière une certaine réflexion « intellectuelle » tout en laissant de la place à l’intuition. La course au large permet exactement cette alchimie. Il faut savoir accepter la difficulté, ce qui permet de savourer les petites comme les grandes réussites. Quant à la place de la femme dans notre société, cela reste toujours compliqué quelles que soient les communautés, sportives ou autres… Aujourd’hui, les règles de course au large dans certaines compétitions imposent d’embarquer des femmes. Si j’étais contre ce type de quota de manière générale, je réalise désormais que c’est un passage obligé.  Les femmes et les hommes doivent trouver ensemble un équilibre plus égalitaire. Loin d’être féministe, je suis juste pour l’égalité des Hommes avec un grand H ! »

Élodie Bonafous (française)

La jeune finistérienne Élodie Bonafous court aux couleurs du Team Bretagne CMB à bord de son Bénéteau Figaro 3 depuis 2020. C’est dès son plus jeune âge qu’elle s’adonne à la voile. Après plusieurs années de pratique en Optimist et 420, elle poursuit sa formation en équipage en open 5.70 et gagne le Spi Ouest France à deux reprises, puis en Longtze et J80 où elle décroche de nombreux titres nationaux et internationaux (championne du Monde universitaire et double championne du monde féminine en J80 entre autres). La navigante de 25 ans remporte la sélection Jeune Tour de Bretagne 2019 ainsi que le Challenge Bretagne CMB dans la même année, ce qui lui permet de s’élancer sur le circuit Figaro et de participer à sa première Solitaire du Figaro en 2020 aux côtés des autres skippers du Team Bretagne CMB, Tom Laperche et Loïs Berrehar.

« Ce qui nourrit mes défis, c’est l’envie de découvrir, progresser, évoluer et le sentiment d’accomplissement. C’est dans la compétition et la confrontation que je me dépasse, je me pousse à vouloir être meilleure et à ne jamais abandonner. La voile est un sport encore à prédominance masculine, mais en évolution. Nous avons la chance de pratiquer un sport où, pour beaucoup de supports, le physique est un élément non prédominant de la performance, ce qui permet de courir ensemble et valoriser la mixité de la pratique. J’encourage chaque femme à croire en soi et en ses rêves, aller au bout de ses ambitions, sans se soucier de «la norme» et ne jamais oublier que l’on fait avant tout les choses pour soi ! »

Dee Caffari (britannique)

© Rich Edwards/Volvo Ocean Race

Dee Caffari est originaire de Grande-Bretagne. Elle est la première femme navigatrice à accomplir le tour du monde en solitaire à l’envers (contre vents et courants dominants). En 2008-2009, elle termine 6e du Vendée Globe, ce qui lui vaut d’être aussi la première femme à boucler le tour du monde en solitaire sans escale dans les deux sens. Élue ‘marin de l’année’ en 2007, elle s’engage sur plusieurs campagnes Volvo Ocean Race, dont la dernière en date (2017-2018) en tant que skipper de Turn the Tide on Plastic (équipe mixte). Ce sera son sixième tour du monde.

« Lorsque nous devons repousser nos limites, nous sommes surpris de voir combien nous sommes capables de réaliser. J’aime ce sentiment d’accomplissement, de savoir que je dois sortir de ma zone de confort. On en sort forcément grandi en tant qu’individu. Pour atteindre son objectif, il faut pouvoir rêver et nourrir ce rêve par un travail acharné. Mais il est important de pouvoir reconnaître ses erreurs et d’en tirer des leçons pour continuer à avancer. S’entourer des bonnes personnes est également essentiel. Il existe de nombreuses femmes incroyables pour nous inspirer. Faisons-en sorte que leur travail en vaille la peine et rendons-leur hommage en allant de l’avant avec nos propres projets. Dame nature ne fait pas de distinction de sexe. La réussite ne tient donc pas au genre. Dompter les éléments nous rend meilleurs marins. Pas meilleur homme ou meilleure femme, c’est la beauté de la voile. »