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LES ULTIMS À L’ASSAUT DE LA ROLEX FASTNET RACE : GITANA TEAM  

Edmond de Rothschild remet son titre en jeu

📸 Yann Riou / polaRYSE / Gitana Team

Vainqueur de la précédente Rolex Fastnet Race, le Maxi Edmond de Rothschild revient défendre son titre. En 2019, le trimaran aux cinq flèches s’était imposé sur le fil face à l’Ultim Macif de François Gabart avec seulement 59 secondes d’avance. Depuis cette dernière édition, le bateau mené par le Gitana Team a subi de nombreuses modifications y compris une nouvelle garde-robe North Sails. Le duo Franck Cammas et Charles Caudrelier, très expérimenté, a aussi bénéficié d’une équipe experte qui s’est pleinement investie dans le développement et l’évolution du bateau. Les améliorations depuis les deux dernières années concernent les appendices autour de la dérive, les safrans, le plan porteur, les foils, les systèmes du bateau et les voiles. « Un accent mis également sur l’aérodynamisme, renchérit Franck Cammas. On a travaillé sur de nombreux aspects dans le détail, mais pas de changements révolutionnaires. Le bateau sera bientôt équipé de nouveaux foils, mais pas pour le Fastnet. »

Depuis ces évolutions, le Maxi Edmond de Rothschild enregistre des vitesses moyennes comprises entre 30 et 40 nœuds selon les conditions de vent établies. À ce rythme, l’arrivée à Cherbourg pourrait s’effectuer en moins de 24 heures. Le nouveau format de la Rolex Fastnet Race n’aura pas d’incidence sur la course, mais permet un jeu plus ouvert à l’entrée de Cherbourg avec toute la Manche à traverser, commente Charles Caudrelier, le co-skipper. « Ce sera intéressant pour les Ultims. Il y aura de la régate au contact avec un parcours plus technique au large de Cherbourg. Et la ville offre un joli cadre pour l’arrivée. »

Le départ depuis Cowes sera impressionnant avec son armada de bateaux en tout genre, mais la sortie dans le chenal étroit du Solent sera quelque peu délicate pour les Ultims, moins manœuvrants que les bateaux de taille inférieure. « De manière générale, les côtes anglaises sont un formidable terrain de jeu et l’un des plus compliqués en navigation. »

« Même si le format est court pour les Ultims, cette course mythique reste une excellente préparation à la Transat Jacques Vabre», ajoute Franck.

Pour le Fastnet où les conditions météo sont variées, l’équipage utilisera son jeu de voiles datant de l’année dernière, un jeu polyvalent qui couvre tout le range de vent. « On n’a pas les ressources humaines et techniques pour changer de voiles ou d’appendices chaque année. Mais, on modifie ce qui nous semble le plus pertinent », indique Charles.

« L’avantage d’un jeu polyvalent, c’est que l’on peut utiliser une voile de portant comme le gennaker qui couvre un range de vent de 10 à 40 nœuds à des allures allant du près au portant, précise Franck. Ce qui réduit le nombre de changements de voile, des manœuvres très physiques qui requièrent toute l’attention de l’équipage. »

📸 Yann Riou / polaRSYE / Gitana S.A.

C’est notamment sur la technologie Helix (système de partage des charges) que les membres du Gitana Team ont constaté un véritable gain. « On rencontrait des problèmes avec les charges fortes et la déformation de l’étai, explique Charles. Avec le Helix, les charges sont redistribuées, ce qui permet d’avoir un guindant droit et raide. En particulier, la voile Helix appelée J0 est une petite révolution. On est encore dans une phase de découverte, mais le gain est clair et net. »

« On reste vigilants sur les évolutions à savoir si l’on souhaite des voiles plus creuses, plus plates ou plus vrillées. On a effectué quelques modifications sur certaines voiles dans une direction qui nous intéressait. Mais il est toutefois difficile d’évaluer la performance d’une voile, car les données d’une journée à l’autre sont différentes. Il est vrai qu’au précédent Fastnet, on avait remarqué qu’on était un peu plus rapides au portant. Mais, on ne pensait pourtant pas avoir l’avantage à cette allure, nos allures privilégiées étant le près et le reaching.

 « Cela dit, ce sera beaucoup plus compétitif cette année, car les concurrents ont progressé aux allures serrées. On ne connaît pas non plus les deux nouveaux bateaux récemment mis à l’eau (Banque Populaire XI d’Armel Le Cléac’h et SVR Lazartigue de François Gabart) qui seront absents à cette édition. Certains ont amélioré leur hydro avec l’ajout de plus grands foils et grandes ailes de raie. Visiblement, les évolutions ne sont pas d’ordre révolutionnaire, mais c’est la somme des petites choses qui fera la différence. En définitive, les Ultims sont des bateaux typés avec tous des points forts et des points faibles. Le Fastnet sera l’occasion pour nous à la fois de jauger notre performance et de tester quelques voiles pour concevoir le futur jeu de voiles de l’année prochaine. »

Mise à part la concurrence de haut calibre, ce que redoutent le plus les équipiers du Maxi Edmond de Rothschild, c’est de heurter des OFNI. Cette année durant un entraînement et lors de leur tentative de Trophée Jules Verne, le bateau avait subi d’importants dégâts à la suite de collisions avec des OFNI. « Il y a toujours un risque et une appréhension de taper contre quelque chose, explique Charles. Les chocs sont souvent violents. »

Pour le reste, l’équipage, composé également de Morgan Lagravière, David Boileau, Erwan Israel et Yann Riou (mediaman) a hâte de prendre part à sa première compétition depuis la Brest Atlantiques et de défendre son titre.

 

North Sails s’est entretenu avec les skippers des trois bateaux de la flotte Ultim qui participent cette année à la 49e édition de la Rolex Fastnet Race : Franck Cammas et Charles Caudrelier (Edmond de Rothschild), Yves Le Blevec (Actual Ultim 3) et Thomas Coville (Sodebo Ultim 3). À tour de rôle, ils parlent de leur projet, de l’évolution de leur bateau et des voiles, ainsi que de leur collaboration avec North Sails et de leurs attentes pour cette présente édition. Dossier en 3 volets.

Sodebo Ultim 3    Actual Ultim 3   Rolex Fastnet Race 2021

📸 Eloi Stichelbaut / polaRYSE / Gitana S.A.