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LES ULTIMS À L’ASSAUT DE LA ROLEX FASTNET RACE : TEAM ACTUAL 

Yves Le Blevec et Actual Ultim 3 visent la victoire

Après une blessure à la cheville et quelques semaines de convalescence, Yves Le Blevec est impatient de reprendre les rênes de son trimaran Actual Ultim 3 à l’occasion de la Rolex Fastnet Race. Il sera entouré d’Anthony Marchand, co-skipper sur la Transat Jacques Vabre, Yoann Richomme, skipper du V065 Mirpuri Foundation Racing Team, Hugo Kerhascoët, responsable des systèmes électroniques de régulation des foils d’Actual Ultim 3, Jean-Baptiste Le Vaillant, spécialiste historique des maxi-trimarans, Amélie Grassi, navigatrice, et Anne-Kristell Jouan, mediaman.

Début juin, une chute sur le pont à bord d’Actual avait contraint le skipper trinitais à cesser les entraînements sur l’eau, mais celui-ci a pris son mal en patience et a continué à s’impliquer sur la partie théorique en collectant les informations de l’équipe navigante. Aujourd’hui, remis de sa blessure, le marin de 56 ans se réjouit de régater à bord de l’ancien bateau Macif de François Gabart, qu’il a acquis en décembre 2020.

« C’est plaisant de reprendre contact avec le bateau et de pouvoir bientôt en découdre sur l’eau, exprime Yves. Je me sens confiant à 100 % dans ma capacité à être à bord. Je salue au passage le travail extraordinaire de l’équipe du centre de Kerpape (Morbihan) où j’ai été suivi. »

C’est en avril dernier que le maxi-trimaran a été mis à l’eau, arborant les couleurs de Team Actual, après cinq mois de chantier. Pour se familiariser avec la nouvelle monture, Yves avait dans un premier temps effectué quelques sessions de navigation avec l’ex-skipper du bateau. « Observer la façon dont François fonctionnait était formateur. On en apprend tous les jours, car on ne fonctionne pas de la même façon. Cela dit, ce n’est pas binaire, car on ne part pas d’une page blanche. On sait comment ces machines complexes marchent. Mais le principe de la performance, c’est de sans cesse se réinterroger et se remettre en question. Cela permet d’évaluer en permanence ce que l’on sait. Bien évidemment, on a besoin de s’approprier le bateau de manière autonome. Avec MerConcept qui a conçu ce bateau, nous avons défini un programme de transmission pour évaluer les performances d’Actual Ultim 3. Nous aurons au retour du Fastnet quelques entraînements communs avec SVR Lazartigue pour comparer les données des deux bateaux. »

 

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En ce qui concerne les modifications apportées au trimaran depuis son acquisition, elles sont minimes. « Nous sommes partis d’une logique que ce bateau bien réfléchi et conçu par MerConcept n’avait pour l’instant pas besoin de changements majeurs. Nous avons donc continué la feuille de route fixée par l’équipe précédente à savoir mettre au point la nouvelle dérive livrée lors de l’acquisition et un nouveau safran central. Il y aura certaines choses qui vont évoluer, mais pas de grande révolution. En naviguant, on verra comment exploiter au mieux le potentiel du bateau. Il reste encore des subtilités à découvrir pour s’approprier le mode d’emploi. Après le Fastnet, on fera un premier bilan. À la rigueur, ce que l’on pourrait modifier dès à présent serait l’espace cuisine pour l’équipage, car pour l’instant, c’est un peu exigu. »

Le bateau a été livré avec le jeu de voiles existant et en bon état, note Yves. « À l’instar du bateau, on n’a pas non plus apporté de modifications majeures ou révolutionné les voiles. La grand-voile avait été modifiée en vue de The Transat et nous avons complété ces modifications.

« On a notamment passé beaucoup de temps avec Alan Pennaneach et Quentin Ponroy, responsables du  projet voile d’Actual chez North Sails, pour passer en revue chaque voile et leur historique depuis la première mise à poste (selon le cahier des charges initialement établi avec MerConcept).

Avant le Fastnet, il s’agira surtout d’affiner la sélection des voiles d’avant. « Nous avons deux J1, l’un qui se borde sur la barre d’écoute et l’autre sur le point de tire du J2. Il va falloir choisir laquelle de ces deux voiles nous embarquons ce dimanche. Ce sera une réflexion qui se posera également avant le départ de la Transat Jacques Vabre en novembre prochain. Pour cela, il nous faut naviguer, ce qui nous permettra de combler les écarts en fonction des conditions météo. On a quelques petites idées d’évolution, mais il n’y a pas d’impératif de changement de voiles pour l’instant. »

En termes de sensations par rapport à son précédent Ultim, Yves constate un véritable changement à certaines allures. « Avec Actual Ultm 3, on est entré dans un autre mode de navigation ! Sa vitesse cible au près dans un vent de 25 nœuds peut atteindre les 27-28 nœuds sur foils. Il y a un réel gain de performance. C’est palpitant. » Il observe également que dans la mer formée, le bateau est plus fluide et tape beaucoup moins dans les vagues que son ancien trimaran. L’équipage a déjà expérimenté des séquences de vol à 40 nœuds avec une pointe à 44 nœuds dans des conditions favorables à la glisse.

« Il reste encore beaucoup de réglages à affiner, mais on est ravis de pouvoir naviguer contre les autres ce dimanche. Seul à l’entraînement, il est toujours difficile d’évaluer sa performance relativement aux autres d’autant que ces Ultims sont par essence des machines très rapides. »

La Rolex Fastnet Race reste une classique parmi les classiques et « c’est toujours un plaisir de revenir, » commente Yves. Pour lui, l’arrivée à Cherbourg en France n’aura pas d’impact sur le parcours, mais elle représente « une belle preuve d’affranchissement des frontières et une bonne opportunité pour la voile française. Le parcours est sensiblement allongé, quoiqu’il reste court pour les Ultims. Mais boucler le Fastnet en à peine 24 heures est une chose extraordinaire. »

 

North Sails s’est entretenu avec les skippers des trois bateaux de la flotte Ultim qui participent cette année à la 49e édition de la Rolex Fastnet Race : Franck Cammas et Charles Caudrelier (Edmond de Rothschild), Yves Le Blevec (Actual Ultim 3) et Thomas Coville (Sodebo Ultim 3). À tour de rôle, ils parlent de leur projet, de l’évolution de leur bateau et des voiles, ainsi que de leur collaboration avec North Sails et de leurs attentes pour cette présente édition. Dossier en 3 volets.

    Edmond de Rothschild    Sodebo Ultim 3    Rolex Fastnet Race 2021

© Thomas Deregnieaux