North Sails NEWS

LES ULTIMS À L’ASSAUT DE LA ROLEX FASTNET RACE : TEAM SODEBO 

Thomas Coville et son équipage dans les starting-blocks

📸 Martin Keruzoré

L’un des trois Ultims à s’aligner au départ de la Rolex Fastnet Race ce dimanche 8 août, Sodebo Ultim 3, skippé par Thomas Coville, est un bateau dernière génération mis à l’eau en mars 2019. À bord, le navigateur de 53 ans sera accompagné d’une partie de l’équipage engagé sur le Trophée Jules Verne (tentative en décembre 2020) afin de conserver la dynamique d’une équipe soudée et toute l’expérience technique et humaine acquise au fil du projet. L’équipe navigante inclut Thomas Rouxel, Corentin Horeau, François Duguet, Matthieu Vandame, Léonard Legrand et Thierry Douillard.

« Nous avons beaucoup navigué dernièrement. Nous sommes probablement l’un des bateaux qui a le plus navigué. En même temps, ces multicoques innovants de 32 mètres, d’une complexité technique, qu’on fait voler, sont des projets d’une très grande exigence. C’est à la fois passionnant, car ce sont de très belles gestions de projet, mais l’investissement est de tous les instants. »

Malgré un contexte parfois anxiogène et une actualité toujours changeante, Thomas fait un bilan positif de ces deux dernières années. « Nous avons vécu une belle période dynamique et créative depuis le début de notre projet, né d’un vaste travail collaboratif en interne. Nous avons mis en place un bureau d’études pour coordonner le travail des meilleurs experts de chaque spécialité et un leadership rotatif qui s’adapte en fonction des compétences de chacun. »

Dès les premières ébauches, l’équipe a souhaité afficher une singularité avec ce bateau marqué (plan Renaud Banuls), axé notamment sur l’aérodynamisme en ce qui concerne le travail réalisé avec la voilerie North Sails.

« Nous sommes très liés aux études et à l’implication de North sur notre plateforme interne. Avec Gautier Sergent, responsable du projet voile chez North Sails, nous sommes partis du plan de voilure et de l’aérodynamisme pour réfléchir à la façon dont nous pouvions intégrer  ces éléments à différents paramètres liés à la structure du bateau, comme le centrage des masses par exemple, les coupler ensuite à l’hydrodynamique, au traitement de données, ainsi de suite. Chaque élément de réponse interagissait sur un autre élément pour faire tourner l’ensemble de la boucle de réflexion. »

Une démarche collaborative qui s’est poursuivie au fil du projet jusqu’à leur tentative de record sur le Trophée Jules Verne où l’équipe navigante a collecté une vaste quantité de données combinées à une riche expérience de terrain pour faire évoluer aussi bien le bateau que le plan de voilure.

« Pour concevoir ce trimaran, nous sommes partis de l’expérience du bateau précédent et des anciennes surfaces de voiles. Nous avons ensuite redessiné un plan de voilure. De la puissance du bateau générée par le plan de voilure, nous avons mis une surface de réponse hydrodynamique. C’était assez novateur. »

Le nouveau jeu de voiles en termes de design a bien évolué depuis le précédent. « Il y avait des formes de voiles dont on était satisfaits et le travail de continuité a été plutôt fluide. On a notamment fait de belles évolutions sur la grand-voile et le gennaker avec le retour du Jules Verne. Pour chaque voile, on cherche à obtenir une optimisation entre la structure et la forme. Concernant la technologie Helix (système de partage des charges), on a constaté de nettes améliorations surtout sur la deuxième version du nouveau jeu grâce au retour de données. »

De ses nombreuses participations à la Rolex Fastnet Race, Thomas en garde de belles histoires, et toujours différentes d’une édition à l’autre. « J’adore cette course, car c’est une de mes premières compétitions, en tant que jeune marin, qui m’a fait découvrir à la fois la course au large et la culture voile anglo-saxonne. À l’époque, aller à Cowes, c’était la Mecque de la course au large et toutes les nations venaient se confronter pour cette course-là. On y croise tous les profils de marins, de l’amateur au professionnel, dans une ambiance festive et de bonne alchimie. » Mais c’est sans oublier la tragique édition de 1979, se souvient le marin, qui a profondément marqué les esprits. Il y a 42 ans, une flotte de 362 bateaux, éparpillée au large de la pointe sud-ouest de l’Angleterre, essuyait une tempête exceptionnelle (vent de force 9 à 10,  creux de plus de 8 mètres). Les moyens techniques et le matériel de sécurité embarqués à bord tout comme la fiabilité des bateaux et l’expérience des équipages amateurs faisaient particulièrement défaut à l’époque. 

Pour la première fois depuis la création de la course en 1925, c’est une ville française, Cherbourg, qui accueillera les bateaux à l’arrivée. Ce nouveau format de parcours change peu la donne pour la flotte Ultim, mais le jeu n’en restera pas moins intense, affirme Thomas, « avec en face une équipe menée par Franck Cammas et Charles Caudrelier, deux marins aiguisés sur un bateau à maturité, et une autre équipe skippée par Yves Le Blevec qui a bien pris en main un bateau au palmarès solide. »

 

North Sails s’est entretenu avec les skippers des trois bateaux de la flotte Ultim qui participent cette année à la 49e édition de la Rolex Fastnet Race : Franck Cammas et Charles Caudrelier (Edmond de Rothschild), Yves Le Blevec (Actual Ultim 3) et Thomas Coville (Sodebo Ultim 3). À tour de rôle, ils parlent de leur projet, de l’évolution de leur bateau et des voiles, de leur collaboration avec North Sails, ainsi que de leurs attentes pour cette présente édition. Dossier en 3 volets.

     Actual Ultim 3     Edmond de Rothschild     Rolex Fastnet Race 2021