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BASILE GAUTIER ALLIE PASSION VOILERIE ET PASSION VOILE

Le jeune sailmaker de 19 ans intègre l’équipe de service chez North Sails tout en se lançant dans un projet en Mini 6.50

📸 Julien Champolion / polaRYSE

Basile Gautier est originaire de Haute-Savoie et a grandi en Bretagne. Il est arrivé il y a trois ans chez North Sails en tant qu’apprenti alors âgé de 16 ans. De 2018 à 2020, étudiant en sellerie générale, il effectue un stage en alternance à North Sails tout en poursuivant une section voile pour parfaire ses compétences de marin. Diplôme en poche, il rejoint l’écurie Corum de Nicolas Troussel dans sa préparation au Vendée Globe. « C’était très intéressant de voir l’envers du décor et poursuivre le chemin que prennent les voiles une fois sorties du plancher et acheminées vers les hangars des équipes : la mise à poste, les échanges avec les navigants, leurs attentes en termes de voiles, les retours d’entraînement, les modifications, etc. J’ai pu mettre à profit mon expérience acquise chez North Sails sur le terrain et prendre conscience de l’importance de mon travail de sailmaker et de l’interactivité entre la voilerie et le fonctionnement d’une équipe navigante. Être au cœur d’une équipe du Vendée Globe est une aventure intense et riche tant sur le plan humain que technique. »

Depuis septembre, Basile a pris définitivement place au sein de l’équipe de service de North Sails basée à Lorient en tant que sailmaker. Un poste qu’il le ravit après son expérience de stagiaire où il a pu observer toutes les facettes du travail en voilerie, de la production au commercial en passant par le plancher. Mais c’est dans le département service qu’il a trouvé sa voie, aux côtés de son mentor Thibaut Agaugué, responsable service chez North Sails.

« Mon goût pour la voilerie vient de cet apprentissage en alternance aux côtés de Thibaut qui m’a énormément appris. J’aime bien le principe de réparer et modifier des voiles et de chercher à les rendre plus performantes. Nous avons des voiles de toutes catégories de bateaux : IMOCA, Ultim, Figaro, Class40, OceanFifty, IRC, etc.

« C’est passionnant de participer en amont au projet d’une équipe de voile. Sur le plancher avec Thibaut, j’ai d’abord appris sur des petites voiles d’Optimist et de fil en aiguille (expression de circonstance) sur des voiles de plus en plus techniques et pour des bateaux de plus en plus gros. Avec les suggestions de recoupes faites par les dessinateurs et le commercial responsable de l’équipe, nous modifions les voiles pour qu’elles gagnent en performance.

📸 Julien Champolion / polaRYSE

« On nous fournit un plan des côtes, on modifie les pinces pour le creux de la voile par exemple. La découpe est une étape très minutieuse et rigoureuse notamment au niveau des côtes, et le collage doit être également précis. On peut passer plusieurs heures jusqu’à 20 heures sur une voile, voire plus sur certains projets compliqués. On est sur un terrain qui évolue sans cesse et on tente plusieurs cas de figure avant de valider le meilleur compromis. II peut s’agir de tester des lattes différentes, modifier la position des boîtiers, etc. Parfois, on avise le dessinateur si une des modifications a un impact sur la résistance de la voile. Quoi qu’il en soit, on anticipe les découpes et notre matériau le 3Di est facilement modifiable, ce qui nous permet de faire quasiment toutes les modifications souhaitées dans la majorité des cas. »

En parallèle à son métier de sailmaker, le jeune homme de 19 ans mûrit un autre projet, celui de se lancer sur le circuit des Mini 6.50 l’année prochaine et s’aligner au départ de la Mini Transat en 2023. Cette aventure, il en rêvait depuis longtemps. Et l’occasion de franchir le pas se présente enfin à lui, grâce notamment au soutien technique de la voilerie North Sails qui s’inscrit pleinement dans cette démarche et aménagera son emploi du temps pour lui permettre de poursuivre les entraînements.

En somme, la décision de concrétiser ce rêve est venue naturellement pour Basile qui a baigné depuis son enfance dans le monde nautique. Une décision qui s’impose donc d’elle-même aujourd’hui.

Tout a commencé lors des premiers bords en famille. « Depuis tout petit, je navigue avec mes parents et grands-parents dans le golfe du Morbihan, en Méditerranée, et l’été je faisais des stages en Optimist et catamaran, et puis j’ai intégré la section voile Open 5.70 de la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer pendant mes études. J’ai par la suite participé à de nombreuses courses en tant qu’équipier en IRC sur la Drheam Cup, l’Atlantique du Télégramme et dernièrement sur le Spi Ouest-France où nous finissons deuxième dans notre catégorie en IRC A », dit-il un brin de fierté dans la voix.

« Aujourd’hui et avec toutes mes différentes expériences en voile, je me sens légitime de pouvoir me lancer en Mini. C’est plus qu’un projet, c’est une véritable passion qui anime ma vie au quotidien. J’ai suivi avec avidité la première étape de cette Mini Transat 2021, et la victoire du jeune allemand Melwin Fink est inspirante. Tous les jours, je regardais la cartographie et je faisais mes propres routages sur Virtual Regatta. On apprend forcément en observant le parcours des participants. »

Grâce à son travail chez North Sails, Basile reconnaît également avoir de la chance de côtoyer de nombreuses personnes de la voile. Un véritable atout pour le marin en devenir.

« J’ai non seulement un réseau qui me permet de rencontrer énormément de monde, y compris des navigants de toute classe de bateau, mais aussi le soutien de la voilerie pour régater sur certaines courses tout en continuant à travailler. L’année prochaine, je pourrai me détacher de temps en temps pour participer aux régates préparatoires de la Mini Transat. »

Mais dans l’immédiat, l’objectif est de trouver des partenaires, puis d’acheter un bateau. « En règle générale, on se donne deux ans de préparation pour la Mini Transat. »

Quant au coaching, il existe de nombreux pôles de formation, dont l’un basé à Lorient avec les coachs Tanguy Le Glatin et Bertrand Pacé. Les thématiques de formation sont multiples et incluent la météo, la stratification, la formation médicale, l’architecture, l’électronique, la voilerie, etc.  « En Mini, il faut être polyvalent et toucher à tout, c’est pourquoi la formation englobe beaucoup de domaines. Nous sommes de nombreux jeunes à nous y inscrire et l’entraide est formidable, ce qui est stimulant. »

Basile financera sur ses fonds propres l’achat du bateau qui s’élève à environ 80 000 euros. Il lui faudra ensuite trouver un sponsor pour couvrir les frais de fonctionnement. Il espère avoir un soutien financier à hauteur de 25 000 euros par an. Si vous voulez devenir partenaire du projet de Basile, contactez-le par e-mail : basilegautier56@gmail.com

D’ici l’achat de son bateau, il participera à de nombreuses courses dont la semaine en Open 5.70 à Saint-Malo, la Catagofle (multicoque légère)… « Ce sont des régates plaisir avant de passer aux choses sérieuses. » Il en profitera également pour suivre la prochaine étape de la Mini Transat qui partira de Santa Cruz de La Palma le 29 octobre, direction la Guadeloupe.